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LA LIGUE QUÉBÉCOISE DE SLAM (LIQS)

La ligue québécoise de slam est une association libre de slammestres francophones qui souscrivent à la lettre et à l’esprit du poetry slam tel que pratiqué dans des dizaines de pays à travers le monde. La LIQS est reconnue à la COUPE DU MONDE À PARIS depuis sa création en 2007.
 

Ses principes sont :

              Primauté du public : le but n’est pas de glorifier le poème ou le poète, mais que le public, par sa participation (par l’entremise des juges issus de lui) .

              Primauté de la poésie : on reconnaît la poésie comme une faculté humaine fondamentale dans la création du sens. La poésie comme une science de l’être vivant en lien avec son milieu qui n’aboutit pas nécessairement à la production de poèmes.

              Avoir un impact / Faire claquer la langue : par sa culture de l’impact , les slams de poésie sont d’importants outils pédagogiques et communautaires en ce qu’ils favorisent les effets de sens et les vers qui frappent l’imaginaire. Ultimement, c’est la capacité de prospecter le sens de manière originale qui grandit par opposition au lieu commun, à la langue de bois, aux abstractions, etc. L’impact oblige les participants à tourner leur texte vers le public et travailler l’interprétation.

Le slam n’est pas un genre mais un jeu aussi diversifié et imprévisible que le sont les individus qui le pratiquent. Le but est que chaque participant raffine son art de la parole en se soumettant au jugement populaire.
 

Le cœur du mouvement slam : les slams de poésie : pour toutes ces raisons, par son dynamisme, son équité et son aspect ludique Il existe et existera sans doute toujours des dérivés du , nous ne les combattons pas : au contraire; toutefois, nous pensons qu’il n’y a pas 36 mille définitions du slam. Il n’est pas né mystérieusement dans une banlieue parisienne ou new-yorkaise, ni dans la rue ou dans un asile psychiatrique; les Grecs n’en faisaient pas, ni les Romains et encore moins les soixante-huitards et les babyboomers. Il est né au Green Mill sous l’impulsion de Marc Kelly Smith à Chicago au milieu des années 1980. – ce qui suppose un public qui vote, plusieurs participants qui interprètent (le mot slam désignant un poème oral est aussi en vogue), et des règles. Contrairement aux apparences, il n’y a pas de compétition, car l’accent est mis sur le public et le des participants. Le but n’est pas de créer des stars, mais d’allumer des étoiles dans la tête des gens (là, je poétise).
 

Slammestre fondateur(2006) : Ivy

Groupes fondateurs (2007) : Slamontréal (Ivy) et Slamcap (André Marceau)


ÉQUIPES

 

La LiQS compte sept équipes officielles.  
 

Qu’est-ce qu’un slam de poésie ?

Il s’agit d’une soirée hautement dynamique au cours de laquelle le public est appelé à se prononcer sur les performances poétiques des participants. L’animateur est un élément-clef, car sur lui repose toute l’ambiance de la soirée. Plus il est dynamique et interactif, plus la soirée est excitante – le but étant d’avoir du plaisir. Le public est non seulement convié à réagir, à s’exprimer, mais, par l’entremise de 5 personnes le représentant, il est appelé à déterminer qui sera le gagnant de la soirée. Contrairement aux lectures de poésie, il s’agit ici d’un jeu où les poètes rivalisent d’adresse pour se mettre le public dans la poche. C’est avant tout un spectacle.
 

En termes techniques, un slam de poésie nécessite : un animateur, un maître du temps (chrono-maître) qui compile les résultats des juges et chronomètre les performances, 5 juges choisis selon leur représentativité et 6 participants minimum (on suggère un maximum de 12 pour ne pas ennuyer l’auditoire). Pendant le slam, chaque participant interprète à tour de rôle un poème dont il est obligatoirement l’auteur, sans aucun accessoire (lire un poème n’est pas un accessoire). Les juges – au nombre de 5 – attribuent ensuite une note de 0.0 à 10 au participant. On élimine le plus bas et le plus haut résultats pour ne conserver que trois résultats qui sont additionnés. La performance est chronométrée et ne doit pas dépasser 3 minutes (un 10 sec de grâce est toutefois accordé). À partir de 3 :11 minutes, le participant subit ½ point de pénalité par 10 secondes excédentaires. Les 5 participants à obtenir les plus hauts résultats repassent au cours d’une seconde ronde, dans l’ordre inverse de la première. Notez que l’ordre de passage sur scène est toujours déterminé au hasard. Avant le slam de poésie, on sacrifie un poète qu’on appelle le slameur sacrifié pour calibrer les juges. Ce dernier interprète un texte, est noté et permet d’établir une première balise pour les juges, mais on ne tient pas compte de son résultat.
 

SLAM DE POÉSIE dans le cadre de la LIQS


OBLIGATIONS DES SLAMMESTRES

              Tenir 6 slams de poésie, 2 demi-finales et 1 finale locale en saison régulière (01 octobre au 15 septembre).

              Favoriser la libre inscription. Ne refuser personne sans motif sérieux.

              Accompagner leur groupe au Grand Slam (à moins d’empêchement majeur).

              Respecter les principes de la LIQS et les règles du .

              Rappeler les règlements à chaque slam de poésie.
 

OBLIGATION DES PARTICIPANTS

Chaque participant prépare DEUX textes poétiques, poèmes ou ce qui s’en rapprochent, ORIGINAUX – dont ils sont l’auteur – et en FRANÇAIS – exploréen, argot, joual, citations (même en langue étrangère), courtes phrases en langue étrangère, patois, français international, régionalismes, québécismes, canadianismes, etc. sont toutefois acceptés.

Chaque participant peut lire ses textes. Si la performance est mémorisée, il remet une copie des textes au responsable du slam, car l’improvisation est prohibée.

Les poèmes n’excèdent pas 3 minutes (un 10 sec de grâce excédentaire est cependant accordé). Une pénalité d’un demi-point par 10 secondes supplémentaires sera retranchée en cas de dépassement de temps. La disqualification est automatique pour quiconque dépasse 5 minutes.

AUCUN ACCESSOIRE N’EST AUTORISÉ. Pas de costume, ni musique.  L’utilisation d’accessoire le disqualifie automatiquement. Avec la voix, tout est pratiquement permis : beat box, chant, cris, murmures, psalmodies, berceuses, sons onomatopées, cris d’animaux ou de centaures, sifflements, couinements, jactances, etc.

Un jury constitué de membres du public choisis au hasard pour leur représentativité évaluera spontanément la performance en lui attribuant une note de 0.0 à 10. Les 5 slameurs ou slameuses qui obtiendront le meilleur score passeront à la seconde ronde. Les points des deux manches sont comptabilisés pour déterminer le gagnant ou la gagnante.

Le gagnant aura l’insigne honneur de participer aux éliminatoires locales. Il ne pourra cependant plus participer à un slam de poésie affilié à la LIQS en saison régulière. Toutefois, la LIQS ne s’objecte pas à ce que des non-gagnants vagabondent d’une équipe à l’autre (dans la mesure où les slammestres en sont avertis), bien qu’elle préfère que les participants soient issus de la communauté locale.
 

EXCLUSION

Un slammestre reconnu et/ou un groupe reconnu peuvent être exclus pour une période de temps laissé à la discrétion d’une assemblée de slammestres en cas de manquement grave aux principes et/ou aux obligations qui sont les fondements de la LIQS. Une assemblée de slammestres se tient obligatoirement à chaque Grand Slam, mais d’autres peuvent être convoquées à n’importe quel moment de la saison. Un slammestre n’a pour cela qu’à en faire la demande.
 

LE GRAND SLAM

Si le Slam de poésie est le cœur du mouvement slam, le Grand Slam en est la consécration. Tous les groupes reconnus se disputent alors les titres dont les plus prestigieux sont Équipe gagnante de l’année et slameur de l’année. Toujours dans l’esprit du slam de poésie, la compétition se fait dans un esprit de bonne entente et de collaboration. Les récompenses sont des titres honorifiques qui reposent sur le choix du public.

Le Grand Slam a lieu en septembre dans le cadre du Festival de la Littérature au Lion d’or à Montréal. Depuis la création de la Coupe du monde à Bobigny en 2007, le gagnant de la ronde solo représente automatiquement le Québec.

Les frais relatifs à l’hébergement et à la subsistance liés à la présence des groupes reconnus sont assumés par ces derniers. Chaque slammestre est libre de gérer cet aspect comme il le veut, mais ne peut en aucun cas exiger des organisateurs du Grand Slam une contribution automatique. En revanche, les organisateurs du GS assurent à chaque groupe reconnu une participation équitable et consensuelle. Le Grand Slam étant une production dans le domaine du spectacle, tout investissement dépassant le mandat des slamestres sera rémunéré selon les capacités de la production. Aucun per diem, cachet n’est donné aux participants par le Grand Slam.

LEVER PROTÊT

En plus des règles des slams de poésie, une attention particulière est apportée aux accessoires pendant les performances produites dans le cadre du Grand Slam.  À la demande discrète d’un slammestre (et seulement de lui) auprès de l’animateur ou du juge de ligne, on peut lever protêt une fois une ronde terminée. Avertis, les slammestres se réunissent pour trancher. Le plaignant a une minute (chrono en main) pour émettre sa plainte. 2 autres minutes sont consacrées en discussion. Au terme des trois minutes, le débat cesse et les slamestres votent. Il y a 2 issues possibles :

              Le résultat est unanime (excluant le vote du slamestre de l’équipe fautive). S’il y a faute, le coupable reçoit un malus de -1 à -3 selon la gravité de son geste et l’annonce en est faite au début de la ronde suivante. Sinon, il y a non-lieu (on n’en parle même pas).

              Le résultat est majoritaire. S’il y a faute, le coupable reçoit un malus de -1 à -3 selon la gravité de son geste. L’annonce est faite au début de la ronde suivante et l’application est dite , c-a-d qu’on l’applique seulement et seulement si l’on doit départager des égalités (pour le comptage des villes et de la ronde solo). Cela permet d’adoucir le jugement en cas de non-unanimité.

Chaque performance est individuelle. Toutefois, un collectif est possible, mais cela disqualifie automatiquement ses membres de la ronde solo. Un texte collectif doit être écrit à au moins 2 mains.

F.A.Q.

 Qui est le meilleur slameur du Québec ?

 Malgré le fait que le cœur du mouvement slam soit présenté sous forme de compétition ou de tournoi desquels un gagnant se démarque, il n’y a pas pour autant de meilleur slameur. Il y a ceux qui réussissent pour un ou plusieurs soirs à s’attirer la faveur du jury qui, rappelons-le, est constitué la plupart du temps de néophytes. Le double enjeu du slam est de ramener la poésie au cœur de la communauté, mais aussi que cette communauté s’exprime sur ce qui la touche, la séduit en matière de poésie – ce qui encourage le poète à travailler dans le sens de cette dernière. 

 Comment faire un poème dans le style slam OU comment écrire un slam ?

 S’il est vrai qu’un poème slamé (ou un slam) utilise l’oralité – ou des éléments propres à la scène – plus qu’un poème écrit sans tenir compte du fait qu’on va l’interpréter sur scène, il n’y a pas de style slam. Oui, un poème déclamé dans le contexte d’un slam de poésie, en vertu de l’aspect exacerbé du contexte – temps réduit, présence de juges – est propice à un enthousiasme débridé, à un dialogue enflammé ; mais il est fondamental de redire qu’il faut développer sa propre parole, sa propre écriture au lieu de chercher ce qui touche dans le « style » des slameurs qui « marchent ».

 Le slam, c’est comme du RAP, mais moins punché ?

 Il n’y a aucune racine commune et connue entre le Rythm And Poetry (RAP) et le slam. Marc Smith et ses collègues américains ne sont pas des rappeurs, mais des poètes. Bien sûr, il y a toujours des rappeurs qui viennent slamer sur des scènes dites « de slam » ; bien sûr, à l’origine du RAP, le poème est bien présent. Mais que le slam ait réussi à obtenir la faveur du public du disque, grâce à GCM notamment, ne change rien : plutôt axé sur la communauté et la poésie, le mouvement slam ne doit rien à la musique. Encore une fois, le slam n’est pas un genre, mais une tribune pour le poème quelque soit sa forme.

 Qui peut participer à un slam de poésie ?

 Quiconque a écrit au moins deux poèmes peut s’inscrire auprès de son slamestre local. Sauf exception, tout le monde est accepté. Ce dernier vous avisera dans un délai raisonnable de la session à laquelle vous prendrez part.

 Comment organiser un slam de poésie ?

 Très simple. Il faut trouver un animateur, une scène (un lieu, donc), quelques ami(e)s pour aider à la promotion et à assumer les fonctions le soir de l’événement. Ensuite, il faudra trouver les « slameurs » (poètes, rappeurs, conteurs, performeurs, monologuistes, etc.). Le jour de l’événement, vous aurez besoin d’un chronomètre pour le juge de ligne (qui comptabilise les pointages), et vous devrez aussi choisir 5 juges dans la foule. Ces derniers ne doivent pas connaître les slameurs, sont représentatifs du public (jeunes, vieux, étudiants, simples travailleurs, etc.) et, idéalement, ne savent pas trop ce qu’est le slam.